European way of life

10 films pour découvrir Rome

On connaît la richesse et la diversité du cinéma italien qui s’est ménagé une place de choix au Panthéon du septième art. Drôle, touchant, ou révolté, le cinéma italien a produit les plus grandes icônes d’une époque. Sofia Loren, Claudia Cardinale, Anna Magnani, Valeria Golino ou encore Jasmine Trinca ont toutes eu une rivale de taille : Rome. Petit tour de la capitale italienne sur pellicule



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  Vacances romaines de William Wyler (1953), avec Audrey Hepburn, Gregory Peck…

Tout est dans le titre. L’histoire pleine de charme d’une jeune princesse, Ann, saoulée de protocole, qui décide de fuguer incognito dans les rues de Rome ; elle fait la rencontre d’un jeune reporter plein de gouaille, et tous deux s’évadent dans la capitale italienne, qu’ils parcourent à un rythme effréné.

Si vous passez par la via Margutta, arrêtez-vous au numéro 51 pour un petit pèlerinage sur les lieux du tournage. C’est l’adresse de l’appartement du reporter Joe Bradley, joué par Gregory Peck, à deux pas du domicile de Fellini



La Dolce Vita, Fellini, 1960

  La Dolce Vita de Federico Fellini (1960), avec Marcello Mastroanni, Anita Ekberg, Anouk Aimé…

Chef-d’œuvre ultime. Une des plus belles pépites du septième art, intemporel et mystique. La narration en apparence décousue n’est pas sans rappeler la digne tradition des films à sketches italiens, qui s’exprime plus généralement dans la comédie. On suit la vie désenchantée de Marcello Rubini (Marcello Mastroianni), chroniqueur pour un journal à sensations, qui traîne sa carcasse de cafés en night-clubs, de châteaux aristocratiques en villas branchées, au gré du savant hasard mondain de son carnet d’adresses. Jusqu’à la rencontre inspirée de Sylvia (Anita Ekberg), et cette scène mythique de la fontaine de Trevi. Chaque visionnage est une nouvelle histoire d’amour avec le cinéma italien, et un pas de plus dans l’approche de la complexité de l’humain.

Passage obligé par la Fontaine de Trevi, voilée de noir à la mort de Mastroianni en 1996, et la via Veneto, qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de l’avenue tendance qu’elle était dans les années 60.



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  La grande bellezza de Paolo Sorrentino (2013), avec Toni Servilllo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli…

Plongée délirante dans la Rome actuelle, à travers le regard désabusé de Jep Gambardella, écrivain d’un seul opus à succès, séducteur invétéré, et sexagénaire en crise existentielle. Jep fait partie de cette série de personnages masculins assaillis par le doute à l’orée du troisième âge, comme seul le cinéma italien sait les façonner dans leurs émouvants atermoiements. Jep fait évidemment écho au Marcello de La Dolce Vita et le film de Paolo Sorrentino est un vaste hommage à Fellini, et aux grands auteurs du cinéma italien. Essayez-vous à reconnaître les références… Les amateurs seront comblés, les néophytes séduits.

« Le vedi queste persone ? Questa fauna ? Questa è la mia vita. E non è niente.

Tu les vois, ces gens ? Cette faune ? C’est ma vie. Et ce n’est pas rien. »

Jep Gambardella.



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  Gianni et les femmes de Gianni di Gregorio (2010), avec Gianni di Gregorio, Valeria di Franciscis, Alfonso Santangata…

Gianni a la soixantaine, et une vie qui ressemble presque à de l’esclave domestique. D’un dévouement qui confine à l’abnégation, Gianni est au service de toutes les femmes qui l’entourent : la sienne, femme active qui fait chambre à part, sa fille, qui laisse son petit ami désoeuvré s’installer sans vergogne au domicile familial, sa mère, grande bourgeoise dépensière qui vit largement au-dessus de ses moyens, et dont les parties de carte entre copine nonagénaires s’arrosent copieusement au champagne…

Un jour, son ami Alfonso lui ouvre les yeux en lui dévoilant que tous les hommes de son âge ont une maîtresse. Alors Gianni se met en quête d’une seconde jeunesse en cherchant l’élue ; mais le parcours est semé d’embûches !

Déambulez au petit matin sur la place Navone, dans les pas d’un Gianni tout ensommeillé après une nuit délirante



Gente di Rome, Ettore Scola, 2003

  Gente di Roma d’Ettore Scola (2003) avec Nanni Moretti, Stefania Sandrelli…

Mi-documentaire, mi-fiction, Gente di Roma est une promenade au cœur de la ville éternelle, parmi ceux qui la font vivre au quotidien. Des balayeurs municipaux aux émigrés extra-communautaires, quelques mouvements de tai chi à un carrefour, un combat simulé de centurions en toc devant le Colisée, quelques engueulades footballistiques de serveurs en arrière-cuisine, la famille, insupportable… Montez à bord de ce bus qui sillonne les différents quartiers de Rome, une Rome de l’instantané, déjantée, contée sur un ton caustique !



Rome, ville ouverte, Rossellini, 1945

  Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini (1945) avec Anna Magnani, Aldo Fabrizi…

Un classique, chef-d’œuvre du néo-réalisme. Les épreuves rencontrées par un réseau de résistance dans le climat lourd de la ville éternelle mâchée par les années de fascisme et de guerre. Un film dur, inspiré de faits réels. Pina, jouée par la Magnani, n’est autre que Teresa Gullace, publiquement assassinée par les Nazis alors qu’elle était enceinte. Ce film est par beaucoup considéré comme le manifeste du néo-réalisme italien, appartenant à la « trilogie de la guerre » avec Païsa et Allemagne, année zéro, conçue par le réalisateur avec des moyens dérisoires. C’est la Palme d’Or du premier festival de Cannes en 1946.

Un petit passage par l’église Santa Maria dell’Orto en plein cœur du Trastevere vous plongera dans le contexte emblématique de Rome, ville ouverte



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  Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini (1962), avec Anna Magnani, Franco Citti…

Qui d’autre que la Magnani pour incarner cette femme forte, la mère romaine, dans ce second opus controversé de Pasolini ? L’histoire des petites gens de Rome au cœur des Trente Glorieuses, à travers l’intense figure de Mamma Roma, ancienne prostituée, qui veut refaire sa vie pour son fils bien-aimé, un adolescent des rues.

Des ruines de l’Antiquité qui bordent la via Appia aux immeubles modernes des nouveaux quartiers périurbains, parcourez le décor de Mamma Roma autour des marchés de la via Tuscolana où Mamma Roma, désormais petite vendeuse, rêve d’un meilleur avenir pour son fils…



Romanzo criminale, Placido

  Romanzo criminale de Michele Placido (2006), avec Kim Rossi Stuart, Anna Mouglalis, Riccardo Scarmacio, Stefano Accorsi, Jasmine Trinca…

Plongée dans l’Italie des années de plombs, où une bande de criminels et de petites frappes tente de conquérir la ville éternelle, et son marché de la drogue, du jeu et de la prostitution. Adapté du roman éponyme de Giancarlo de Cataldo et inspiré de la « bande de la Magliana », ce « roman criminel » retrace l’épopée hors-la-loi du Libanais, du Dandy et de Freddo, une association de malfaiteurs qui domina Rome pendant plus de 15 ans, de 1977 à 1992.

« Et qu’est-ce qui vous fait vraiment envie ?

–       Rome. »

Le Libanais.



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  Fellini Roma de Federico Fellini (1972), avec Federico Fellini, Marcello Mastroianni, Anna Magnani…

Evidemment. Un ensemble de saynètes toujours façon film à sketches, dont la seule héroïne est la ville éternelle, à travers le regard d’un romain d’adoption, amoureux comme au premier jour de cette vieille maîtresse : Fellini, lui-même. Des scènes d’anthologie : le percement du métro de Rome qui conduit les ouvriers du site à découvrir les ruines d’une villa antique intacte, et dont les fresques vivantes font le lien entre les romains d’hier et d’aujourd’hui, un défilé de mode complètement fou de vêtements destinés au personnel ecclésiastique, les bordels de l’époque fasciste, les autoroutes modernes et leurs légendaires embouteillages… Suivez les souvenirs de jeunesse de ce grand maître du cinéma italien, une déclaration d’amour à sa ville, deux fois millénaire.



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  Journal intime de Nanni Moretti (1993) avec Nanni Moretti, Jennifer Beals…

Le premier épisode, une comédie à Vespa menée par un Nanni Moretti barré. On se promène dans la Rome de l’estate romana, l’été romain, durant lequel la ville se vide de ses autochtones sous un soleil brûlant. S’arrêter pour un bal populaire, regarder un film dans un bar… Surtout, les quartiers périphériques de la capitale, jusqu’à Ostie où l’épisode se clôt sur la plage qui a vu Pier Paolo Pasolini assassiné, et où se trouve un monument érigé à sa mémoire.

De Vacances romaines à Journal intime, c’est toujours la même Rome, et pourtant, elle est si différente à chaque coin de rue…

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