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13 juin 2014 : j’ai vu les Rolling Stones au Stade de France

Difficile d’imaginer que ce pourrait être le dernier concert des Stones, en tout cas dans cette configuration, quand on a l’impression de se retrouver entre nous, autour d’une bande de vieux potes. 75 000 personnes, tout de même, une ville française moyenne, dont les places se sont vendues en quelques dizaines de minutes le 28 mars 2014. Presque trois mois plus tard, les fans sont au rendez-vous, et le Stade de France était certainement the place to be en cette belle soirée estivale du 13 juin 2014. Zahia, NKM ou encore Manuel Valls s’étaient d’ailleurs dit la même chose.

En ce quatrième jour de grève de la SNCF et de la RATP, une longue transhumance s’étire sur toute la ligne 13 du métro. parisien, et les bouches de la station Saint-Denis – Porte de Paris déversent une marée humaine qui converge vers le Stade de France ; on traverse le périph. dans une ambiance un peu fébrile, d’un pas excité.

Une pause aux abords du stade, entre un food trucks au design de vaisseau spatial spécialisé dans la viande limousine et quelques cabanes à bières chaudes ; le temps d’observer le public toujours intergénérationnel des papys du rock, et d’échanger quelques tuyaux sur la meilleure manière de feinter les stadiers quand il s’agit de faire passer à l’intérieur quelques objets délictueux (le bouchon d’une bouteille d’Evian, TMTS).

Stade de France, extérieur, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Stade de France, extérieur, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Et puis, on rentre. Détentrice d’un pack spécial acquis en Angleterre via le site officiel des Rolling Stones, je passe prendre au stand dédié les goodies qui accompagnent cette expérience : tote bag, affiche numérotée, publication sur papier glacé et pass.

Stade de France, goodies, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Stade de France, goodies, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Direction les premiers rangs des gradins secteur Ouest pour rejoindre ma place ; avec un peu de retard sur l’heure prévue, The Struts, jeune quatuor de rock anglais, entre en scène pour assurer la première partie des Rolling Stones qui les ont choisis à dessein.

Stade de France, vue scène, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Stade de France, vue scène, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Le chanteur, Luke Spiller, cultive une gestuelle très proche de celle de Mick Jagger, mais arbore le look d’un Robert Smith tombé dans une marmite de paillettes étant petit. Très glam dans sa tenue bleue scintillante, la voix puissante des Struts roule ses « r » et fait ce qu’elle peut pour chauffer un public un peu tiède. Le stade n’est pas encore plein, le son n’est pas folichon, et les Struts sont punis de spots, mais l’énergie de ce groupe prometteur mérite pourtant toute notre attention. De beaux accents garage assortis d’une touche pop saccadée accrochent sur Could have been me ; une reprise étonnante et bien léchée de Lorde, Royals, trouve sa place parmi les autres titres du groupe, Kiss this – un air de Queen, ou encore Put your money on me. Pas si loins des Black Keys qu’ils reprennent à leurs heures, les Struts sont un bon groupe qui aurait mérité une autre sortie que celle qu’on leur a ménagée ce soir-là au Stade de France, en leur coupant le son en plein show, et en laissant les techniciens envahir la scène (« les intermittents, ce sont les intermittents encore », dit une voisine) sans qu’ils aient même eu le temps de saluer dignement le public parisien qui commençait à se prendre au jeu.

Stade de France, vue gradins, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Stade de France, vue gradins, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Intermède un peu long après la sortie forcée des jeunes, et puis, les dieux du stade. Jumpin’ Jack Flash un peu brouillon sur un son qui tâtonne (comme sur It’s only rock’n’roll), mais on s’en fiche. Déjà Mick Jagger fringuant dans une veste à paillettes vertes et une chemise en satin pourpre attention les yeux, s’adresse au public toute la soirée dans un très bon français qu’il doit à son immersion dans la vie de château angevine. Keith Richards est en mode Pirate des Caraïbes et cabotine avec Ronnie Wood devant un Charlie Watts impassiblement pro. Tout le monde est en forme, encore plus qu’à Londres, le 25 novembre 2012 à l’O2 Arena lors du premier concert de la tournée des cinquante ans du groupe auquel j’avais assisté.

Stade de France, Keith Richards, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Stade de France, Keith Richards, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Ça décolle sur Out of control, une nuit de pleine lune tombe sur le seul vendredi 13 de l’année 2014, et nous sommes justement chanceux : les classiques tombent les uns après les autres, Miss You, Gimme Shelter, Start me up, incroyable Sympathy for the devil dans une lumière rouge enfer ; Jagger remue les épaules et secoue les plumes rouges et noires de son costume taillé spécialement pour le morceau. L’impression de retrouver de bons copains, sept ans après leur dernier passage par le Stade de France : on boit une bière, Jagger nous parle Coupe du Monde et promet de nous « zlataner » (en français dans le texte). Mick Taylor en guest, un peu hiératique, et Keith Richards, touchant, sur les deux morceaux qui le mettent à la barre, You got silver et Can’t be seen, comme s’il pesait chaque instant de cette scène parisienne au goût de démesure. Les internautes avaient la possibilité de choisir une chanson parmi cinq sur le site officiel des Stones et de voter pour celle qu’ils souhaitaient voir jouer au Stade de France. Ce sera Bitch, et c’est tant mieux, c’était aussi mon choix.

On a les jambes qui tirent un peu, et Mick Jagger, arrière-grand-père, court d’un bout à l’autre de la scène. « Je ne prendrai ma retraite que lorsque je casserai ma pipe » a l’habitude de dire son collègue depuis l’école maternelle, Keith Richards.

Stade de France, Mick Jagger, 13 juin 2014 © Eurofluence.

Il fait nuit désormais, la lune fait face à la scène et le rappel est un mini-concert à lui tout seul. You can’t always get what you want lancé par un chœur, l’ensemble Allegri de Reims, se mue en ultime (I can’t get no) satisfaction qui finit d’électriser le public. Il y a presque quelque chose d’une ferveur religieuse sur ces derniers riffs, la communion. On est là, on les regarde partir la larme à l’œil, on a respiré le même air pendant deux heures.

C’était du bon boulot, pourvu qu’ils reviennent.

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  2 comments for “13 juin 2014 : j’ai vu les Rolling Stones au Stade de France

  1. Claudine S.
    9 mai 2017 at 22 h 00 min

    Bonjour,

    Je viens de tomber sur ton article en voulant savoir comment les gens ont réussi à avoir des accès VIP. En lisant ton article je comprends donc que c’est sur le site officiel des Stones que tu l’as eu ? Est-ce qu’il t’a permi d’entrer dans le Stade avant l’ouverture des portes officielles ? Et avais-tu le choix sur l’emplacement (fosse ou gradin) ?
    J’espère beaucoup de ta réponse pour être honnête car je suis une immeeeense fan de ce groupe et je rêve de les voir au plus près !!
    Merci d’avance :))

    • 12 mai 2017 at 9 h 57 min

      Bonjour Claudine !

      Oui, j’étais effectivement passée par le site officiel des Stones pour acheter ce package ! De mémoire, nous n’avons pas eu accès au Stade avant l’ouverture des portes, mais il me semble que nous avions un portail dédié. Le choix des places s’est fait au moment de l’achat (gradin, pour moi), mais il y avait différents packages, dont certain en carré or, en pelouse. La fosse était réservée au fan club, si je ne dis pas de bêtise. J’ai vu qu’une grande tournée européenne s’annonçait, n’hésite pas à consulter leur site, tu devrais trouver ton bonheur parmi tous ces types de packages !

      Bon concert !

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