European way of life

Une gourmandise turinoise : le bicerìn

« Parmi les belles et bonnes choses remarquées à Turin, je n’oublierai jamais le bicerìn, sorte d’excellente boisson composée de café, de lait et de chocolat, qu’on sert dans tous les cafés, à un prix relativement très bas. »

C’est le goût qu’Alexandre Dumas a gardé de Turin, lors de son séjour en août 1852… Celui du bicerìn, une petite boisson chaude très à la mode au XIXe siècle, et encore très appréciée aujourd’hui dans la capitale du Piémont.

Les contemporains d’Alexandre Dumas pouvaient à l’époque déguster cette boisson populaire pour trois fois rien. À peine quelques euros de nos jours, pour ce verre de nostalgie.

Le bicerìn est l’alliance savante du café et du chocolat, surmonté d’une mousse de lait. La difficulté d’élaboration de ce produit simple réside dans le fait que les ingrédients ne doivent pas se mélanger.

Trois versions du bicerìn mettent tous les gourmands d’accords :

  • La version complète, dite « ‘n pò d’tutt » (« un peu de tout ») : café, chocolat et mousse de lait.
  • La « pur e fior » (« pure et fleur ») : café et mousse de lait.
  • La « « pur e barba » (« pure et barbe ») : café et chocolat.

Le bicerìn doit son nom au petit verre à pied dans lequel il est traditionnellement servi, et qui lui donne un petit côté précieux.

La légende dit que le bicerìn a connu ses lettres d’or au café Alfieri (l’ancien Café du Midi), place Solferino, géré un ex-cireur de chaussures, Giuseppe Gentile. Le bicerìn ayant rendu Giuseppe riche, celui-ci fit un don d’un demi million de lires-or à la maison de repos des Poveri Vecchi.

Une autre histoire raconte que le café Al Bicerìn situé sur la piazza della Consolata régalait lui les fidèles à jeun à chaque sortie de messe, le chocolat n’étant de surcroît pas proscrit durant le Carême…

Le bicerìn est à l’image de la ville de Turin, réconfortant, parfois canaille, mais toujours distingué.

  Où déguster un bon bicerìn ?

Caramelle di Torino (Baratti & Milano).jpg

Photo par Barbara De Vito, Turin, Italie (CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons).

Chez Baratti e Milano, une institution turinoise, qu’aurait presque pu fréquenter Alexandre Dumas car fondée en 1858 et dont je garde un beau souvenir. Le bicerìn était un peu décalé par cette chaude journée de printemps, mais qu’importe !

Ancien fournisseur de la famille royale, ce superbe établissement au charme un peu suranné demeure dans son écrin originel. Les voyageurs y côtoient des habitués distingués, et l’on vous y servira un bicerìn de tradition accompagné de petites pâtisseries locales : crociòn, biciolàn, parisièn, brioss, etc. Le lieu bénéficie d’un placement de choix au cœur de la ville, dans la Galeria Subalpina, très belle galerie commerciale couvert d’une verrière, inaugurée en 1873.

Baratti e Milano propose à la vente ses propres produits, l’occasion de vous essayer au bicerìn en achetant leur excellent chocolat en poudre.


Baratti e Milano

  Piazza Castello, 29, 10123 Torino, Italie

  +39 011 440 7138


Car à Turin, on ne badine pas avec le chocolat.

« Le chocolat de Turin est des meilleurs de l’Italie et de l’Europe… »

                                  Antoine Valéry, L’indicateur italien, in Le Normand, 1831 – 1833.

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