Boutiques de mode et ateliers textiles : prendre soin du dos de celles et ceux qui nous habillent

Dans une boutique de prêt-à-porter du centre de Saint-Étienne, une vendeuse de vingt-huit ans passait ses journées debout, entre la caisse, les cabines et la réserve. Deux fois par semaine, elle déballait les livraisons : des cartons de vêtements posés à même le sol, qu’elle soulevait penchée en avant avant de grimper sur un escabeau pour ranger le stock en hauteur. Un samedi de soldes, une douleur vive lui a traversé l’épaule au moment de hisser un carton de manteaux. Diagnostic : tendinite, plusieurs semaines d’arrêt en pleine période chargée. Sa responsable a reconnu qu’elle n’avait jamais pensé que la vente de vêtements puisse abîmer un corps.

Des métiers élégants, mais physiques

La mode a une image légère. Le quotidien de ses salariés l’est beaucoup moins. En boutique, on reste debout de longues heures, on piétine, on se baisse pour plier et ranger, on lève les bras pour accrocher les cintres, on porte les cartons de livraison. En atelier de couture, de retouche ou de confection, on reste assis des heures dans la même position, la nuque penchée, les poignets sollicités par des gestes fins et répétés.

Saint-Étienne connaît bien ces métiers. La ville a construit une partie de son histoire sur le textile, la rubanerie et la passementerie, et compte encore des ateliers de confection, des entreprises de textile technique, des retoucheurs et de nombreux commerces d’habillement. Dans tous ces lieux, les troubles musculo-squelettiques s’installent lentement : lombalgies, tendinites de l’épaule, syndrome du canal carpien, douleurs cervicales.

Des troubles qui se construisent jour après jour

Les TMS ne viennent presque jamais d’un seul mouvement. Ils résultent de l’accumulation de petites contraintes : un geste répété des centaines de fois, une posture maintenue trop longtemps, une charge prise trop loin du corps, un manque de récupération. La douleur apparaît d’abord en fin de journée, puis le matin, puis elle ne part plus.

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Le bien-être au travail passe donc par des habitudes très concrètes : la hauteur d’un plan de travail, la manière de ramasser un carton, l’alternance entre position assise et debout, quelques pauses pour relâcher les épaules. Ces ajustements coûtent peu et changent beaucoup, à condition de les apprendre et de les appliquer.

Ce que prévoit le Code du travail

L’article R4541-8 du Code du travail impose à l’employeur de faire bénéficier les salariés dont l’activité comporte des manutentions manuelles d’une formation adéquate à la sécurité relative à l’exécution de ces opérations. Une boutique qui reçoit des livraisons, une réserve où l’on stocke en hauteur ou un atelier où l’on manipule des rouleaux de tissu entrent dans ce cadre.

Une demi-journée de formation sur vos postes

Human Formation, organisme certifié Qualiopi, accompagne la prévention des TMS à Saint-Étienne avec une formation gestes et postures organisée uniquement en intra. La session dure 3 h 30, pour 10 stagiaires au maximum, et se déroule directement sur les postes de travail. Le tarif démarre à partir de 550 € HT.

Le formateur explique d’abord, simplement, le fonctionnement du dos, des épaules et des poignets. Il passe ensuite le plus de temps possible sur le terrain : dans la réserve, pour le déballage et le rangement des cartons ; derrière la caisse et dans les rayons ; à la table de couture ou de retouche, pour régler la hauteur du siège et du plan de travail. Chacun repart avec des gestes adaptés à son propre poste, et l’employeur avec quelques idées d’aménagement.

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Pour un commerce, la demi-journée se cale facilement avant l’ouverture ou un jour de fermeture. Pour un atelier, deux groupes successifs évitent d’arrêter la production. Pensez aussi aux vendeurs saisonniers recrutés pour les soldes et les fêtes : ce sont souvent eux qui portent le plus de cartons.

Les chaussures comptent aussi. Une vendeuse qui reste debout huit heures sur un sol dur ressent vite la fatigue dans les jambes et le bas du dos. Le formateur peut aborder ce point, avec la question des tapis anti-fatigue derrière la caisse et des pauses assises quand l’affluence le permet.

Quelques réflexes à garder au quotidien

Après la formation, l’essentiel se joue dans les habitudes. Posez les cartons de livraison sur une table plutôt qu’au sol. Rangez les articles les plus lourds ou les plus demandés entre la hauteur des genoux et celle des épaules. Utilisez un escabeau stable plutôt que de vous étirer. En atelier, alternez les tâches et levez les yeux régulièrement pour relâcher la nuque.

La responsable de la boutique stéphanoise a revu l’organisation de sa réserve dès la semaine suivant la formation : une table de déballage, les références lourdes à mi-hauteur, un escabeau neuf. Elle le résume ainsi : prendre soin de son équipe, c’est aussi prendre soin de ses gestes, et ce soin-là se voit en boutique.

Pour recevoir un devis sous 24 h, appelez le 06 12 95 84 78 en précisant le nombre de salariés et le type de postes.